Contexte
Ce projet a été réalisé en deuxième année d’Architecture Transmédia autour du thème de la dystopie positive. L’objectif était d’imaginer un monde fictif et de le représenter sous la forme d’une infographie.
J’ai imaginé un futur dans lequel le Japon impose à l’échelle mondiale le Bushido, le code moral associé aux samouraïs. Le projet ne montre pas directement la conquête de ce monde, mais plutôt les conséquences d’un tel système sur la société.
Concept du projet
L’infographie est divisée verticalement en deux parties. À gauche, le Bushido est appliqué de manière absolue : le monde est strict, froid, très encadré et presque entièrement privé d’imperfections.
À droite, un historien découvre qu’un principe du Bushido avait été oublié : le Jin, qui signifie la compassion. L’apparition de ce principe ne supprime pas les règles existantes, mais elle les rend moins dures et permet aux habitants de vivre dans un système plus humain.
Le monde représenté ne devient pas une utopie. Il reste encadré, mais il gagne une forme de souplesse. C’est cette tension entre ordre, contrôle et compassion qui crée l’idée de dystopie positive.
Objectif
L’objectif principal était de montrer les limites d’un monde où tout est encadré. À travers cette carte, je voulais permettre au spectateur de comparer deux interprétations d’un même système moral.
Le projet ne cherche pas à donner une seule réponse ou à imposer une lecture unique. Il invite plutôt le spectateur à observer les différences, à faire des allers-retours entre les deux côtés de la carte et à se questionner sur la place de l’humain dans un monde fortement normé.
Ce que j’ai réalisé
J’ai imaginé l’univers, le concept de la carte, la séparation entre les deux systèmes et la logique narrative autour du Bushido et du Jin.
J’ai aussi travaillé la composition de l’infographie, les symboles, les couleurs, les annotations et les éléments visuels permettant de rendre la comparaison plus claire.
La carte est centrée sur le Japon afin de montrer que le monde représenté est organisé autour de cette culture. Les monuments de différentes régions sont modifiés par une influence japonaise, ce qui renforce l’idée d’une uniformisation mondiale.
Choix graphiques
La composition repose sur une division verticale nette. Cette séparation permet de comprendre rapidement qu’il ne s’agit pas de deux mondes différents, mais de deux états possibles d’un même système.
La partie gauche utilise surtout des nuances de gris et des couleurs froides. Elle représente un monde rigide, propre, maîtrisé et très peu ouvert à l’expression individuelle.
La partie droite utilise davantage de bleu et de vert. Les couleurs débordent parfois des contours, ce qui suggère une imperfection assumée, une société moins stricte et une liberté plus visible, même si le système reste en place.
Symboles et narration visuelle
Les monuments, les drapeaux, les langues, les dragons et les annotations participent à la lecture de l’image. Ils ne sont pas seulement décoratifs : ils permettent de comprendre les tensions du monde représenté.
Les dragons dans l’eau rappellent que certaines croyances restent présentes dans la société, avant comme après l’apparition du Jin. Même si le monde change, certains symboles continuent d’exister.
L’infographie est aussi pensée comme un document étudié par un historien. Les annotations et les post-it donnent l’impression d’une carte transmise, relue et complétée au fil du temps.
Dispositif de lecture
J’ai choisi une carte du monde plutôt qu’une ligne du temps, car je voulais permettre une comparaison directe. Le spectateur peut regarder les deux côtés en même temps et construire sa propre interprétation.
Cette lecture active est importante dans le projet. L’image ne donne pas une solution définitive : elle propose une réflexion sur l’équilibre entre l’ordre, les valeurs, la compassion et la liberté.
Ce que ce projet m’a appris
Ce projet m’a permis de mieux comprendre comment une infographie peut raconter un monde. Une carte peut être plus qu’un simple support visuel : elle peut devenir un outil de narration, de comparaison et de réflexion.
J’ai aussi appris à utiliser les éléments graphiques comme des outils de pensée. Les couleurs, les formes, les symboles et les annotations peuvent aider à expliquer des idées abstraites, comme l’évolution d’un système moral ou la rigidité d’une société.
Ce que je pourrais améliorer
Avec plus de temps, j’aimerais améliorer la lisibilité de certaines zones et rendre certains éléments textuels plus faciles à lire sans perdre la richesse de la carte.
J’aimerais aussi développer davantage l’univers autour de cette infographie, par exemple en imaginant d’autres documents produits par l’historien ou en créant une courte narration autour de la découverte du Jin.
Galerie